Le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes

Illustration — Le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, bâti autour de la Grotte de Massabielle.

Le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes est un lieu de pèlerinage catholique marial de 52 hectares, bâti autour de la Grotte de Massabielle, à Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées. Il réunit trois basiliques et accueille chaque année plusieurs millions de pèlerins et visiteurs, selon les bilans publiés par le Sanctuaire lui-même.

Cette page fait partie du dossier Massabielle.

Qu’est-ce que le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes ?

Le Sanctuaire est le domaine consacré au pèlerinage marial de Lourdes, placé sous l’autorité du diocèse de Tarbes-Lourdes.

Le Code de Droit Canonique encadre précisément ce qu’est un sanctuaire. Le canon 1230 le définit ainsi : « Par sanctuaire on entend une église ou un autre lieu sacré où les fidèles se rendent nombreux en pèlerinage pour un motif particulier de piété avec l’approbation de l’Ordinaire du lieu » (CIC, can. 1230). Le droit canonique demande également qu’un sanctuaire offre aux pèlerins des moyens abondants de grâce, notamment l’annonce fidèle de la Parole de Dieu et une vie liturgique et sacramentelle soignée. La vénération qui s’y exerce — devant la Grotte, les statues ou les reliques — est légitime. Elle doit cependant rester conforme à la foi de l’Église, sans dériver vers la superstition (can. 1187).

Le domaine s’étend sur 52 hectares, traversés par le Gave de Pau, la rivière qui borde également le centre-ville de Lourdes. On y trouve, outre les trois basiliques, l’esplanade des processions et une dizaine de chapelles. L’église Sainte-Bernadette (inaugurée le 25 mars 1988, rive droite du Gave), des fontaines, des piscines et un accueil dédié aux pèlerins malades complètent le domaine.

Les terrains autour de la Grotte des apparitions ont été acquis par le diocèse en 1861. C’était trois ans après les 18 apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous, survenues entre le 11 février et le 16 juillet 1858. Le domaine s’est ensuite construit progressivement autour de ce lieu, au rythme de l’affluence croissante des pèlerins, jusqu’à devenir l’un des principaux centres de pèlerinage catholique au monde.

Le Sanctuaire est dirigé par un recteur nommé par l’évêque : le père Michel Daubanes est en fonction depuis le 1ᵉʳ septembre 2022. Le diocèse de Tarbes-Lourdes est, depuis mai 2022, sous la responsabilité de Mgr Jean-Marc Micas, ordonné évêque en la basilique Saint-Pie-X.

Concernant la fréquentation, le Sanctuaire accueille environ 3,6 millions de personnes par an (chiffre 2024, selon le Sanctuaire — lourdes-france.org). Ce chiffre confirme que Lourdes demeure, aujourd’hui encore, l’un des sanctuaires mariaux les plus fréquentés au monde.

Les trois basiliques du domaine

Le Sanctuaire compte trois basiliques construites les unes au-dessus des autres, chacune répondant à l’afflux croissant des pèlerins.

La basilique de l’Immaculée-Conception, dite « basilique supérieure »

C’est le premier édifice construit sur le domaine, sur les plans de l’architecte Hippolyte Durand. Elle a été consacrée le 2 juillet 1876. Elle surplombe directement la Grotte de Massabielle.

La basilique Notre-Dame-du-Rosaire, dite « basilique inférieure »

Construite pour accueillir un nombre de pèlerins bien plus important que la première église, elle a été consacrée le 6 octobre 1901. Sa voûte est ornée d’environ 2 000 m² de mosaïques, réalisées par l’atelier italien de Giandomenico Facchina.

La basilique Saint-Pie-X, basilique souterraine

Construite sous l’esplanade des processions pour répondre à l’afflux toujours croissant des pèlerins, cette basilique a été consacrée le 25 mars 1958 par le cardinal Roncalli, futur pape Jean XXIII. Ses architectes sont Pierre Vago et l’ingénieur Eugène Freyssinet, pionnier du béton précontraint. Selon le site du Sanctuaire, elle peut accueillir jusqu’à 20 000 personnes, dont 5 000 places assises — l’un des plus vastes édifices religieux au monde par sa capacité d’accueil.

Ces trois basiliques ne s’excluent pas : elles se superposent littéralement. La basilique supérieure et la basilique du Rosaire se font face au-dessus du niveau de la Grotte, tandis que la basilique Saint-Pie-X est entièrement enterrée sous l’esplanade. Cette disposition permet au Sanctuaire d’accueillir plusieurs célébrations simultanées lors des grands rassemblements, comme le pèlerinage national du 15 août ou le pèlerinage du Rosaire en octobre.

La Grotte de Massabielle, cœur du Sanctuaire

Toute l’histoire du Sanctuaire part d’un même lieu : la Grotte de Massabielle. La Vierge Marie y est apparue 18 fois à Bernadette Soubirous, entre le 11 février et le 16 juillet 1858. C’est autour de cette grotte, et non l’inverse, que le domaine s’est construit, basilique après basilique, au fil des décennies.

La Grotte reste aujourd’hui le point de convergence de la journée du pèlerin. C’est là que se disent les prières individuelles, que se recueillent les malades accompagnés par l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes, et que débute chaque soir la procession mariale. Elle demeure, dans la vie quotidienne du Sanctuaire, bien davantage qu’un souvenir historique : un lieu de prière vivant.

Sur le plan doctrinal, l’Église situe ce type d’évènement parmi les « révélations dites “privées” ». Lourdes fait partie de celles qui « ont été reconnues par l’autorité de l’Église » — sans pour autant appartenir au dépôt de la foi ni s’imposer comme objet de foi obligatoire (CEC § 67). Croire aux apparitions de Lourdes n’est donc pas un article de foi catholique, mais une adhésion libre, éclairée par le discernement de l’Église depuis le mandement de Mgr Laurence en 1862.

Pour l’histoire complète des apparitions et leur reconnaissance par l’Église en 1862, consultez notre page dédiée à la Grotte de Massabielle.

Les piscines et l’eau de la source : un geste, pas un remède

À la Grotte de Massabielle jaillit une source d’eau, présente depuis les apparitions de 1858. Le Sanctuaire l’appelle officiellement « eau de la source » — jamais « eau miraculeuse » ni « eau bénite ».

Les pèlerins peuvent accomplir le « geste de l’eau » aux fontaines, un rite en usage depuis 2008, ou se rendre aux piscines pour un bain rituel encadré par des bénévoles. Ce geste est un sacramental : un signe de foi et une demande de grâce, pas un traitement médical. Le Catéchisme de l’Église catholique le rappelle à propos de la maladie : « La compassion du Christ envers les malades et ses nombreuses guérisons d’infirmes de toute sorte sont un signe éclatant de ce “que Dieu a visité son peuple” et que le Royaume de Dieu est tout proche » (CEC § 1503).

Cette distinction est essentielle et rappelée par le Sanctuaire lui-même : l’eau de la source n’a, en elle-même, aucune propriété curative particulière démontrée. Ce que rapportent les pèlerins, c’est une expérience de foi et de consolation. Dans un nombre très restreint de cas soumis à un examen médical rigoureux, une guérison que la médecine ne parvient pas à expliquer est parfois constatée.

L’Église a ainsi reconnu, au 16 avril 2025, 72 guérisons comme miraculeuses, sur environ 7 300 dossiers de guérison déclarés au Bureau des constatations médicales depuis 1858. Ce sujet, ainsi que les critères précis de reconnaissance d’un miracle, sont détaillés dans notre page sur les miracles de Lourdes. Pour la description complète du rite de l’eau et ses usages, voir notre page sur l’eau de Lourdes.

Vivre le Sanctuaire aujourd’hui : messes, procession, horaires

Le Sanctuaire propose chaque jour des messes, des temps d’adoration eucharistique et de réconciliation. De manière traditionnelle, une procession mariale aux flambeaux se tient en soirée pendant la saison haute (avril à octobre). Les pèlerins y portent des cierges en chantant des cantiques à la Vierge Marie, sur l’esplanade des processions.

Deux temps forts rythment particulièrement l’année liturgique du Sanctuaire. La fête de Notre-Dame de Lourdes, célébrée le 11 février, coïncide avec la Journée mondiale des malades instituée par saint Jean-Paul II en 1992. Le pèlerinage national du 15 août, jour de l’Assomption, rassemble quant à lui chaque année de nombreux diocèses français. L’accueil des pèlerins malades, en particulier durant ces grands rassemblements, est assuré par les bénévoles de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes, dont les brancardiers.

La journée du pèlerin suit un rythme quotidien bien établi : chapelet à la Grotte à 15h30, procession eucharistique à 17h, puis procession mariale aux flambeaux à 21h. Ces trois temps forts sont célébrés tous les jours de l’année. Les piscines, la chapelle des confessions et les temps d’adoration eucharistique complètent ce rythme, avec des créneaux qui varient selon les jours de la semaine et la saison.

Les horaires précis (ouverture des portes, messes, piscines) évoluent d’une année sur l’autre : ils ne sont pas repris ici de façon figée. Mieux vaut toujours consulter la page horaires du Sanctuaire (lourdes-france.org/horaires) au moment de préparer sa visite, plutôt que de se fier à un horaire publié ailleurs.

Pour organiser concrètement votre venue — transport, hébergement, période de l’année à privilégier — consultez notre guide pratique du pèlerinage.

Un domaine pensé pour l’accueil de tous les pèlerins

Depuis les origines du Sanctuaire, l’accueil des pèlerins malades ou en situation de handicap occupe une place centrale. C’est même l’une des raisons d’être du lieu, au regard des guérisons rapportées dès les premières années des apparitions. Selon le Sanctuaire, la Grotte des apparitions est accessible à tous les pèlerins, y compris pour accomplir les gestes traditionnels (toucher le rocher, déposer un cierge, boire l’eau de la source). Des rampes d’accès facilitent l’entrée dans l’ensemble des lieux de culte, et des boucles à induction magnétique équipent la Grotte, la basilique Saint-Pie-X et l’église Sainte-Bernadette pour les personnes malentendantes. Les allées du domaine sont aménagées pour la circulation en fauteuil roulant, y compris pendant les processions quotidiennes.

Le Centre information du Sanctuaire propose un accueil dédié aux personnes en situation de handicap, un prêt de fauteuils roulants, et oriente vers la Fondation OCH (Office chrétien des personnes handicapées). Sa permanence d’accueil sur place se présente ainsi : « où chacun trouve écoute, compassion, soutien, avec une petite lumière d’espérance pour continuer la route » (Fondation OCH, lourdes-france.com). Les bénévoles de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes, dont les brancardiers, accompagnent chaque année de nombreux pèlerins jusqu’à la Grotte, aux piscines et aux basiliques.

Le domaine se visite librement toute l’année, de jour comme, pour la Grotte elle-même, tard en soirée. Il est traversé par plusieurs allées piétonnes menant du centre-ville de Lourdes jusqu’à la Grotte, à l’esplanade des processions et aux basiliques. C’est cet accueil organisé des malades qui explique, en grande partie, pourquoi Lourdes demeure une destination privilégiée pour les pèlerinages diocésains. C’est notamment le cas lors du pèlerinage national du 15 août et de la Journée mondiale des malades du 11 février.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il de basiliques à Lourdes ?

Le Sanctuaire compte trois basiliques, construites les unes au-dessus des autres autour de la Grotte de Massabielle : la basilique de l'Immaculée-Conception, consacrée en 1876 ; la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, consacrée en 1901 ; et la basilique souterraine Saint-Pie-X, consacrée en 1958. Cette dernière peut accueillir jusqu'à 20 000 personnes lors des grands rassemblements.

Quels sont les horaires du Sanctuaire de Lourdes ?

Le Sanctuaire suit un rythme quotidien fixe toute l'année : chapelet à la Grotte à 15h30, procession eucharistique à 17h, puis procession mariale aux flambeaux à 21h. Les horaires des messes, des piscines et d'ouverture des portes varient en revanche selon les jours et les saisons : consultez la page horaires du Sanctuaire (lourdes-france.org/horaires) avant de partir.

Qu'est-ce que la procession aux flambeaux à Lourdes ?

C'est une procession mariale organisée en soirée, pendant la saison haute. Les pèlerins y portent des cierges allumés en chantant des cantiques à la Vierge Marie, notamment le refrain de Lourdes « Ave, ave, ave Maria ». Elle se déroule sur l'esplanade des processions et constitue l'un des moments les plus marquants de la journée du pèlerin.

Faut-il payer pour visiter le Sanctuaire de Lourdes ?

Non : l'accès au domaine, aux trois basiliques, à la Grotte et aux fontaines est libre et gratuit, comme pour tout lieu de culte catholique. Seuls certains services annexes sont payants : hébergement sur place, visites guidées organisées en groupe, ou achats à la boutique du Sanctuaire.

Le Sanctuaire de Lourdes appartient-il à l'Église ou à l'État ?

Le domaine appartient à l'Association diocésaine de Tarbes et Lourdes, et non à l'État. Il est administré par le diocèse de Tarbes-Lourdes, sous l'autorité de l'évêque, qui nomme un recteur chargé de la gestion quotidienne du Sanctuaire et de l'accueil des pèlerins.

Sources et références

Magistère

  • Code de Droit Canonique, 1983 — can. 1230-1234 (définition d’un sanctuaire) et can. 1187 (vénération légitime)
  • Catéchisme de l’Église catholique, editio typica 1997 — § 1503 et § 67

Sources lourdsaines

  • Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes — lourdes-france.org (dates de consécration des basiliques, domaine 52 hectares, capacité de la basilique Saint-Pie-X)
  • Sanctuaire de Lourdes, « Horaires du Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes », lourdes-france.org/horaires/ (consulté le 8 juillet 2026)
  • Sanctuaire de Lourdes, « Lourdes, un Sanctuaire accessible et ouvert à tous », lourdes-france.com/lourdes-un-sanctuaire-accessible-a-tous/ (consulté le 8 juillet 2026)
  • Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, fréquentation annuelle (environ 3,6 millions, 2024) — lourdes-france.org/en/lourdes-attendance/
  • Vatican News, « Une Italienne reconnue comme la 72ᵉ miraculée de Lourdes » (vaticannews.va, 18 avril 2025) — 72e guérison, date du 16 avril 2025, fonction du recteur confirmée
  • Office de tourisme de Lourdes (lourdes-infotourisme.com) — inauguration et localisation de l’église Sainte-Bernadette

Corpus bernadettin

  • Laurentin, Récit — contexte historique de l’édification du domaine après 1858